Écriture

  • Pays d'origine : Russie
  • Titre original : Зона
  • Date d'écriture : 2021
  • Date de traduction : 2023

La pièce

  • Genre : Mystère fantasmagorique
  • Nombre d'actes et de scènes : 1 acte, 14 scènes
  • Nombre de personnages :
    • 17 au total
    • 11 homme(s)
    • 6 femme(s)
  • Durée approximative : 75 mn
  • Domaine : protégé

Édition

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Résumé

Anton Itakov, coach en écriture, conduit un nouvel atelier avec la promesse de faire découvrir aux participants les secrets du récit, de les reconnecter à leur créativité profonde. Parmi les apprentis-écrivains, une architecte à la recherche d'inspiration littéraire, un directeur de musée nostalgique des mystères perdus de la Russie, un psychiatre pénitentiaire en quête de rédemption, une éditrice sceptique cherchant l’essence de l'art, et le capitaine Tresviatski, envoyé en mission « d’immersion » par le « bureau de contrôle des sphères artistiques ». L’atelier a attiré l’attention de cet organe (fictif) de contrôle et de censure à cause d’un élément imprévu : Naran, un mystérieux chamane bouriate, perçu comme menace potentielle à l’ordre établi, doit y prendre part. Quand le chamane entre en scène, les participants de l’atelier se retrouvent projetés dans les zones, visions fantasmagoriques où les frontières entre réalité et imaginaire s'estompent, les confrontant à leurs souvenirs, leurs angoisses et leurs désirs.

Regard du traducteur

Par une approche mystique, l’auteur nous propose une réflexion sur la mémoire, l’identité et la nostalgie, ainsi que sur la capacité de l'art à résister à l'oppression et à transformer le monde. Même si les noms des institutions étatiques ont été modifiés, la pièce fait écho à des problématiques contemporaines de la Russie, en premier lieu l’arrestation et l’internement en hôpital psychiatrique d’Alexandre Gabychev, chamane parti vers Moscou pour exorciser Vladimir Poutine. Il s’ancre dans la tradition littéraire russe, miroir et critique de la société, émaillant les monologues de poésies de « l’âge d’argent » (Mandelstam, Khodassévitch, Blok), mettant l’accent sur la création en tant qu’espace de liberté essentiel, la relation entre destruction et création. Comme le note le critique théâtral Dmitri Lissine « La Zone d’A. Gounine a été publiée pile-poil avant le début de la troisième guerre mondiale, et on y trouve une véritable issue métaphysique à la déshumanisation rampante. Les chamanes et les stalkers perceront d’un monde parallèle, pour rétamer enfin le camarade Capitaine et son million de commandants. Le principal, c’est d’insuffler en eux une idée de non-existence au lieu de leur existence factice de flic. »