Le Papa, la Maman et le Nazi

de Bruno Mistiaen

Traduit du néerlandais par Sofiane Boussahel

Avec le soutien de la MAV

Écriture

  • Pays d'origine : Belgique
  • Titre original : De papa, de mama en de nazi
  • Date d'écriture : 2012
  • Date de traduction : 2024

La pièce

  • Nombre de personnages :
    • 3 au total
    • 2 homme(s)
    • 1 femme(s)
  • Création :
    • Période : 2012
    • Lieu : Kopergietery de Gand
  • Domaine : protégé

Édition

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Résumé

Œil-de-morue est un jeune garçon malmené par ses camarades de classe. Sa mère a quitté le foyer, pour aller batifoler avec le patron de son père. Plongé dans un état de désespoir et de confusion, il adopte alors des comportements autodestructeurs et trouve refuge dans les théories nazies pour compenser son impuissance et sa fragilité. En adhérant à cette idéologie, il croit reprendre le contrôle sur son existence chaotique. Il tente d’entraîner Hermann, son père, éternel perdant. S’il s’efforce malgré tout de comprendre la fascination qu’exercent les théories nazies sur son fils, il est vite dépassé par la violence et l’intensité des sentiments d’Œil-de-morue. Dans une tentative désespérée, il participe aux jeux sinistres de son fils, incapable de lui offrir une autre alternative. La pièce bascule de manière étonnante au retour de Chrissie, la mère. Si c’est elle qui déclenche la crise familiale, son apparition marque un retour à la réalité et offre un dénouement inattendu.

Le Papa, la Maman et le Nazi est une pièce satirique qui interroge les mécanismes d’embrigadement et la violence qui en découle. Bruno Mistiaen nous livre une réflexion critique sur les dérives idéologiques, qui trouvent bien souvent leur origine dans les fractures familiales. Avec un humour grinçant et volontairement provocateur, l’auteur nous embarque dans des situations inconfortables, tant par la violence verbale qui régit les interactions entre les personnages que le désespoir familial qui les accable. L’humour noir et le cynisme viennent mettre en lumière le désespoir de la jeune génération, en quête d’identité et de repères.

La structure de la pièce offre une mise en abyme qui vient souligner la confusion et l’interchangeabilité des rôles dans la dynamique familiale et sociale : de nombreux personnages sont interprétés par Œil-de-morue et son père, Hermann, ce qui offre un rythme soutenu aux comédiens. Différents registres de langue cohabitent : tantôt familière, voire vulgaire, tantôt descriptive et symbolique, la langue devient parfois idéologique. Les contradictions des personnages reflètent les tensions internes et les conflits moraux auxquels ils sont confrontés. Ce sont des personnalités complexes et la spirale de violence dans laquelle ils sont aspirés fait resurgir leur vulnérabilité, ce qui les rend paradoxalement très touchants.

Avec Le Papa, la Maman et le Nazi, Bruno Mistiaen nous propose de tourner en dérision notre époque et le retour du refoulé en Europe, un mouvement auquel n’échappent ni la Belgique, a fortiori la Flandre, ni la France.