Écriture

  • Pays d'origine : Pays-Bas
  • Titre original : Sea of Silence
  • Date d'écriture : 2022
  • Date de traduction : 2024

La pièce

  • Nombre d'actes et de scènes : 21 scènes
  • Nombre de personnages :
    • 13 au total
  • Création :
    • Période : 2022
    • Lieu : Théâtre-TR de Rotterdam
  • Domaine : protégé

Édition

Cette traduction n'est pas éditée mais vous pouvez la commander à la MAV

Résumé

Mer de silence est une épopée familiale circassienne et cinématographique sur la violence domestique. Elle représente de façon métaphorique et métathéâtrale un cycle de violence mentale et physique dans lequel les perspectives victime-bourreau sont sans cesse brouillées.

Quelque part, dans la ville isolée d’Hivernal, en haut d'une falaise plongeant droit dans la mer, vit une famille de circassiens. La Mère, acrobate funambule, le Père, monstre lanceur de couteaux et magicien, le Fils, clown de grand talent, et la Fille, Madame Loyale, débarquent avec leurs roulottes et s’installent là, au bout de l’unique rue de la ville. Leur vie n'a rien de spectaculaire, jusqu'à ce qu'ils ferment leurs rideaux et que le cirque de la violence commence. La fille, Madame Loyale et narratrice, nous entraîne dans leur histoire et dans leur quotidien. Le cirque se rejoue chaque jour, et au fil des numéros, ils endossent les rôles de toutes les personnes impliquées dans leur drame familial : voisine, psychologue, conseiller éducatif… 

Alors que la mer lutte contre la falaise au rythme des marées, le clown manipule le public, l'acrobate se tient en équilibre sur la corde tendue et le monstre rugit en sortant de sa cage. 

Mais le niveau de la mer monte et la vague de l'oppression et de l'impuissance pousse la famille dans ses retranchements, à la limite du supportable. Lentement mais sûrement, le cirque se disloque et révèle une machinerie infernale. Les jolis portraits de famille sont distordus. 

Mer de silence est une pièce assez unique, pleine d’audace, tant dans la forme que dans le propos. La forme hybride, la mise en abyme à laquelle se livrent les personnages, et la métaphore circassienne ouvrent des myriades de possibilités scéniques.

Le monologue de début, assez cinématographique, nous entraîne dans cette histoire en zoomant peu à peu sur la famille. Cette focalisation progressive se révèle être un procédé puissant et évocateur. Le texte se termine sur un second monologue très touchant, à travers lequel la Fille parvient à se libérer de cette prison familiale. Ce monologue de fin vient élargir à nouveau la perspective, replaçant le drame familial dans un contexte plus vaste. Il offre ainsi un dénouement qui dépasse les limites de la cellule familiale. Avec ce zoom arrière, les autrices soulignent l’impact du drame familial sur l’ensemble de la communauté. 

C’est aussi une pièce qui peut être dérangeante, en cela qu’elle démonte les rouages de la violence ordinaire avec une grande lucidité, mais non sans humour et ironie. La langue participe de cette dissection. Elle oscille elle aussi, elle passe du registre le plus ordinaire et familier à des trouvailles littéraires et poétiques. Mer de silence peut s’adresser à des publics très variés, et ouvrir la porte à des collaborations artistiques inédites, dans un subtil mélange des genres et des disciplines.